Nos politiques sont-ils capables de changer de logiciel ?


C’était annoncé. C’est arrivé ! Le FN est en tête dans près de la moitié des régions. Et se revendique le « premier parti de France ».
Face à ce séisme politique, qu’avons-nous entendu pendant la campagne, sur les plateaux de télé, dans les premières déclarations des responsables en ce funeste dimanche 6 décembre 2015 ?
Des mots mille fois  répétés en chœur : « exaspération », « choc », « colère ».

Hier soir, l’ « œil du 20 heures » de France 2 faisait le point sur les mots exprimés par les hommes politiques de droite comme de gauche à l’issue de toutes les élections qui ont jalonné l’irrésistible ascension du FN depuis près de 30 ans. C’était pathétique : « choc », « exaspération », « colère » étaient prononcés, à chaque fois, avec une telle conviction ! Sans compter, naturellement, les inénarrables «messages des électeurs que nous avons entendus ». ..

Le malaise est donc très profond : nos dirigeants politiques, droite et gauche confondues, n’ont pas varié d’un pouce dans leur vocabulaire, comme d’ailleurs (et c’est plus grave) dans leur diagnostic.
Or, lorsque les électeurs qui ont voté FN s’expriment auprès des journalistes qui lesMarine Le Pen interrogent, ils expriment, tranquillement, leur envie de voir autre chose. Pas d’exaspération, pas de colère, juste l’envie de voir et d’entendre autre chose.
Les gouvernements successifs n’ayant pas réussi (à endiguer le chômage, à assurer la sécurité notamment), ils pensent tout simplement qu’il faut donner sa chance à ceux-là.
La stratégie de communication (le fameux’ « UMPS ») de Marine Le Pen a porté ses fruits. Et, soit dit en passant, ses adversaires lui facilitent la tâche.

Peut-on blâmer les électeurs du FN d’avoir fait un mauvais choix ? Certainement non !
Car, hormis les anathèmes (extrême droite, parti de l’exclusion, …) et les déclarations péremptoires (du type « le FN nous conduira à la catastrophe »), quels sont les arguments des partis dits « traditionnels » pour inciter l’électeur à voter « politiquement correct » ? Mort aux bougnoulesOui, le FN va nous conduire dans le mur, mais pourquoi ? Avons-nous jamais entendu une véritable pédagogie à ce propos dans la bouche de nos dirigeants ? Pas un discours pour les Bac+5, plutôt pour les Bac-quelque chose, les ouvriers par exemple (c’est à juste titre que le FN peut s’intituler « le parti ouvrier », plus de 35% de cette population a voté FN) ou les jeunes en grande précarité (les 18-24 ans ont voté FN en masse).

De plus, dans les 3 régions où il est en position de gagner, le FN a réussi un truc INCROYABLE : ce sont des… femmes qui mènent la danse… C’est dingue !

Il est grand temps pour nos dirigeants de droite comme de gauche de changer de logiciel.

Time to upgradeLe vote FN n’est plus un vote « extrême ». Il est, au fil du temps (et de la stratégie de « dédiabolisation » diablement efficace de Marine Le Pen) devenu un vote alternatif crédible pour nombre de nos concitoyens.

Alors, Messieurs de la gauche, de la droite et du centre, rendez-vous audibles vous aussi ! Ne comprenez-vous pas que vous ne l’êtes plus ?

Il me prend à penser que, finalement, voir le FN diriger une ou deux régions (et donc se confronter à la vie réelle) est peut-être la meilleure stratégie ! Alors, au diable le « front républicain » !

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Pour gagner la guerre idéologique : un « devoir » civique ?


Nous ne gagnerons pas la guerre contre l’esprit du djihad.
Tout au plus pourrons-nous (peut-être, et en y mettant davantage de moyens qu’aujourd’hui) écraser Daesh. Mais on sait déjà qu’il renaîtra ailleurs.

C’est donc sur un autre terrain qu’il faut (et que nous avons peut-être les moyens de) gagner : celui des idées et des valeurs.
Notamment nos fameuses « valeurs républicaines », celles que nous évoquons volontiers libert, galit, fraternitlorsque tout va mal, et que nous avons un peu de mal à voir à l’œuvre dans la vie courante. Ainsi par exemple : primauté de l’intérêt public sur les intérêts particuliers, soumission de chacun à la loi dans le souci du bien de tous.
De toute évidence l’école (notre fameuse « école républicaine ») peine (le mot est faible) à inculquer ces valeurs. Les cours d’instruction civique, un temps supprimés puis heureusement rétablis, n’y suffisent pas.

N’est-ce pas, notamment, parce qu’il manque un vécu concret et commun de ces valeurs ?
Ne serait-il pas bénéfique de créer les conditions pour que les jeunes, par exemple entre 16 et 18 ans (âge auquel ils sont les plus sensibles aux idéaux, éventuellement mortifères), participent ensemble à des travaux d’intérêt général ?
carte electorale sur une balanceNous pourrions appeler cela un service, ou mieux, un « devoir » civique. Pour marquer la symétrie avec les « droits » civiques que nous accorde la République.
L’idée n’est pas nouvelle. Elle est évoquée à chaque fois qu’un événement traumatisant atteint notre société. Elle est (trop) rapidement qualifiée d’irréaliste (pourquoi donc ?) et, l’émotion retombée, passe aux oubliettes.

Ce devoir civique remplacerait le service militaire, ancien (mais sans doute désuet) creuset de mixité sociale, miné par les innombrables exemptions dont bénéficiaient, à tort ou à raison, toutes sortes de nos jeunes.
Il remplacerait également l’actuel service civique qui fonctionne sur la base du volontariat.
Ce devoir civique (d’une durée par exemple de 3 à 6 mois) serait obligatoire et mixte. Il serait aménagé pour tenir compte au mieux des contraintes (études, emplois, …) de chacun. Il se ferait dans le respect des croyances des uns et des autres.
Mais nul ne pourrait y déroger. Et on y pratiquerait sans faillir les principes fondateurs et les lois de la République.

connectedNos jeunes se verraient proposer des projets d’intérêt général qui ne viendraient pas en concurrence avec le secteur marchand, par exemple : alphabétisation, entretien du patrimoine architectural (il existe des milliers de châteaux à rénover), historique (on pourrait multiplier les chantiers de fouilles archéologiques), naturel (campagnes de nettoyage des plages, rivières, sites géographiques), assistance à la réalisation de démarches administratives, assistance aux plus démunis, etc.

Ainsi, plongés ensemble dans des projets concrets, nos jeunes prendraient conscience de ce qu’est l’intérêt général, apprendraient à mieux se connaître et à se respecter, entendraient une histoire qui deviendrait réellement leur histoire commune.

Irréaliste ? Peut-être. Mais antidote contre les idéologies néfastes et le communautarisme, certainement.

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Quelle mouche a donc piqué Angela Merkel à propos de la Turquie ?


turquie-europeLa Turquie est candidate à intégrer l’UE depuis près de 30 ans (même si les négociations officielles n’ont débuté qu’il y a 10 ans) !

J’ai longtemps été partisan de cette adhésion. Mon idée était qu’une Turquie solidement amarrée à l’Europe serait un facteur de développement économique pour nous tous et, surtout, un trait d’union, donc un facteur de paix avec un monde musulman en pleine ébullition.

Si cette adhésion s’était faite il y a 10 ou 20 ans, la face de la Turquie, la nôtre et, sans doute celle du Monde, en eussent été profondément (et je le crois positivement) changées.

L’Histoire nous apprendra peut-être que nous avons laissé passer la chance d’un monde plus harmonieux. Car, aujourd’hui, tout est différent. La fenêtre s’est refermée.

La Turquie est engagée dans une phase de « dé-laïquisation », voire, plus redoutable turquie et islamencore, d’islamisation, qui l’éloigne pour longtemps sans doute de nos valeurs. Elle glisse inexorablement vers un régime autoritaire et on doit craindre que la démocratie n’en sorte durablement abimée.
M. Erdogan, fraîchement auréolé de son succès aux dernières élections, fera tout, n’en doutons pas, pour se maintenir au pouvoir. Et le peuple turc semble le suivre…

SpiraleDe son côté, l’Europe est engagée dans une spirale auto-destructrice, fondée sur la montée des extrêmes, de l’euroscepticisme, sur l’affaiblissement de son « moteur » historique, le couple franco-allemand, au profit d’un leadership allemand contesté par les pays du Sud, à moins que ce ne soit plus simplement celui des « marchés » au détriment des peuples.

La solidarité, affirmée au traité de Lisbonne comme l’une des valeurs fondatrices, a été largement mise à mal lors des dernières crises. Difficile de démêler les causes des effets, mais force est de constater que notre Union ne fait plus rêver. Elle n’est plus guère qu’un pis-aller.

Dans ce contexte, la récente déclaration d’Angela Merkel à propos d’une « nouvelle dynamique » de la candidature de la Turquie, passée un peu inaperçue ici, interpelle. S’agit-il d’un marché donnant-donnant, la Turquie s’engageant à faire davantage barrage aux migrants qui déferlent sur l’Europe en contrepartie d’une relance du processus d’adhésion ? Ou d’une simple déclaration à usage strictement allemand (notamment à l’attention de la très forte minorité turque outre Rhin) destinée à redorer son blason un peu terni par ses annonces concernant l’accueil des migrants (n’a-t-elle pas récemment déclaré que l’Allemagne était prête à accueillir 800 000 migrants, provoquant le trouble jusque dans ses propres troupes) ?
Il est aussi possible qu’Angela Merkel (qui y a toujours été opposée) se soit réellement convertie à l’idée de l’adhésion de la Turquie à l’UE.

On peut s’interroger sur le bien-fondé de la relance de ce processus, mais, de mon point de vue, il est urgent de ne rien faire concernant cette adhésion. L’Europe a déjà fort à faire pour ne pas exploser. L’union douanière et les différents accords bilatéraux existant profitent déjà à nos deux entités. Laissons les prospérer.
Une adhésion nous impliquerait bien au-delà de nos capacités et… des désirs des citoyens européens.

Mais, quoi qu’en dise Céline, L’Histoire repassera peut-être le plat…

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Daesh, arme de construction massive ?


DjihadistesLe Président Hollande vient d’annoncer que la France allait effectuer « des vols de reconnaissance » pour « permettre des frappes contre Daesh ». Tout en excluant une intervention au sol.

Nos deux derniers présidents se sont beaucoup plu à jouer les chefs de guerre. Avec, d’ailleurs (et ceci n’est certainement pas étranger à cela), une reconnaissance certaine de l’opinion publique (bien « travaillée » par les médias) et, plus surprenant, de la classe politique dans son ensemble. Pourquoi donc s’en priver ?

Frapper Daesh, soit. Mais pour quoi faire ? Avec quelle légitimité ? Daesh menace-t-il notre pays directement ? Dispose-t-il, lui aussi, d’« armes de destruction massive » ?

Certes, on ne peut qu’être horrifié par les massacres et les exactions qu’ils commettent sur les territoires qu’ils ont conquis. Mais nous sommes-nous levés à chaque fois que de tels actes étaient commis (par les Khmers rouges, les Hutus, au Darfour, etc.) ?

Certes des djihadistes formés en Syrie nous menacent directement, chez nous, à leur retour. Mais ils ne sont « que » quelques centaines et nos services secrets les connaissent bien (les auteurs des attentats contre Charlie, l’hypercasher et, plus récemment le Thalys étaient identifiés et fichés comme dangereux). Ne serait-il pas plus efficace, et infiniment moins coûteux qu’une guerre, de les pister sans relâche pour les empêcher de nuire ? Voire de les intercepter préventivement et, quitte à faire quelques entorses à notre droit, les assigner à résidence en les surveillant nuit et jour ?

Nous n’avons ni la vocation ni les moyens de faire la police dans le monde.

Daesh menace directement la Syrie (où règne un dictateur qui n’a pas grand-chose à leur envier en matière de sauvagerie et qu’on espérait bien faire tomber il n’y a pas si longtemps) et l’Irak (où notre action militaire a détruit la dictature en place pour y installer un régime corrompu et incapable de reconstruire le pays). Voire, à plus long terme, leurs voisins arabes (pétromonarchies du golfe). Laissons ces pays faire leur propre police dans leur région. Aidons-les lorsqu’ils nous le demandent, conformément aux accords de défense que nous avons passés avec eux.
Je ne sache pas qu’ils aient manifesté la moindre intention de s’engager dans ce combat.

De grâce, n’ouvrons pas, de notre propre chef, un nouveau front qui risque fort d’être compris comme une croisade Chrétienté contre Islam (fut-il extrémiste). Et de nous valoir des retours de flamme douloureux sous forme d’attentats inspirés ou fomentés par ceux que nous combattons.

Ou alors, si nous y allons, allons-y vraiment : par exemple en montant une coalition incluant obligatoirement les Guerre totalepays arabes de la région, avec une armée en mesure de réellement détruire cet « Etat » malfaisant. Et en en assumant le coût humain et financier. En bref, faisons de la diplomatie avant d’envoyer nos avions de chasse.

Personne, pas même le Président Hollande, ne peut croire que quelques frappes aériennes suffiront à éradiquer Daesh.

Alors, attaquer Daesh dans ces conditions, ne serait-ce pas plutôt une « arme de construction massive » de popularité ?

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L’accord du 13 juillet avec la Grèce : un nouveau Traité de Versailles ?


Versailles 1919

Les principaux signataires du traité de Versailles, de gauche à droite : David Lloyd George, Vittorio Orlando, Georges Clémenceau, et Thomas Woodrow Wilson

C’est ainsi que Yanis Varoufakis, le Ministre grec des Finances (démissionné depuis) qui a participé aux négociations marathon sur le plan d’aide à son pays, a dénoncé l’accord intervenu in extremis entre la Grèce et l’Eurogroupe.

Yanis Varoufakis a le sens des formules choc. Mais n’a-t-il pas raison ?

Le Traité de Versailles, signé le 28 juin 1919, a marqué la fin de la 1ère Guerre mondiale. Entre autres dispositions, il édictait les lourdes sanctions prises à l’encontre de l’Allemagne par les Alliés.
Beaucoup d’historiens considèrent que les frustrations et les déséquilibres qu’il a créés ont été pour beaucoup dans la naissance du nazisme et de la 2ème Guerre mondiale. En effet, l’état d’esprit dans lequel il a été rédigé et imposé à l’Allemagne était celui de la revanche.

L’accord entre l’Eurogroupe et la Grèce peut-il être comparé à ce fameux Traité de Versailles ?

Les membres de l’Eurogroupe n’appréciaient pas Yanis Varoufakis qui leur tenait tête et ne respectait pas leurs codes (sa démission aurait été une des conditions de l’obtention d’un accord pour éviter la sortie de la Grèce de l’Euro) et n’ont pas goûté non plus (c’est un euphémisme) l’annonce par Alexis Tsipras du référendum du 5 juillet invitant les grecs à repousser le programme d’austérité exigé par eux. Certains responsables européens se sont même directement (et, osons le mot, scandaleusement) immiscés dans cette consultation démocratique.

Alors oui, on sent comme un goût de revanche dans ce 3ème plan d’aide. Il instaure en effet une véritable mise sous tutelle complète et oh combien humiliante des autorités du pays : retour des équipes d’experts de la « Troïka » (Europe, BCE, FMI) à Athènes, droit de veto des « institutions » (comprendre : la technostructure européenne) sur toute nouvelle loi, abandon des lois adoptées depuis janvier par le gouvernement Syriza sans l’accord des créanciers, « aide technique » de la Commission européenne (comprendre :  implication de la technostructure européenne dans la gestion des affaires publiques grecques), …

Bref ! L’Europe compte désormais parmi ses membres un « protectorat ». Qu’en penseraient ses pères fondateurs ?

Comme l’Allemagne en 1919, déclarée coupable d’avoir provoqué la guerre et sévèrement punie, la Grèce est déclarée coupable de n’avoir pas réussi à se réformer pour satisfaire aux deux plans d’aide précédents… et punie tout aussi sévèrement.

Or, cet accord, tout le monde (Christine Lagarde, Dominique Strauss-Kahn, le Nobel d’économie Paul Krugman et bien d’autres économistes de tous bords) s’accorde à le trouver techniquement irréaliste et politiquement dangereux.
Il ne semble satisfaire que les technocrates qui l’ont élaboré et les politiques qui l’ont obtenu (à l’exception notable d’Alexis Tsipras qui a déclaré qu’il  » n’y croyait pas » !).

Alors, comme le Traité de Versailles, de quelles futures épreuves douloureuses (ou, pourquoi pas, dramatiques) l’accord de Bruxelles du 13 juillet 2015 est-il annonciateur ?

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Immigration sauvage : et si nous changions de perspective…


ImmigrationNous sommes tous atterrés par le drame qui vient de se dérouler en Méditerranée : 800 morts noyés dans des conditions atroces, enfermés dans les cales de bateaux épaves.

Le monde politique s’agite, s’indigne, annonce qu’il faut, qu’on doit prendre des mesures. Il semble tétanisé, impuissant.

Ces personnes qui souhaitent quitter leur pays pour vivre mieux chez nous (en Europe dans ce cas d’espèce) ont le droit de le faire. Ce droit fondamental est inscrit dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Devons-nous tous les accueillir ? Certes non, puisque nos capacités d’accueil sont limitées par nos ressources, nos potentialités économiques, etc.

Encore que…

L’Europe, ne l’oublions pas, c’est  510 millions d’habitants ! Les étrangers (non européens) y sont environ 21 millions, soit 4% de la population totale. 1% provient d’Afrique ou du Moyen-Orient.
Est-ce réellement trop dans un continent vieillissant ? N’avons-nous pas, collectivement, la capacité d’accueillir quelques centaines de milliers de nouveaux immigrants chaque année ?

Gardons nous de prendre des mesures qui, à l’instar de la prohibition, encouragent les Muralla en Cartagena de Indiastrafics et font le lit des mafias. Eriger des remparts autour de l’Europe est-ce la bonne stratégie ?

Pourquoi ne pas accorder davantage de visas temporaires à ces candidats à l’émigration ? Au lieu de payer des milliers de dollars à des passeurs mafieux, ils pourraient voyager dans des conditions bien moins coûteuses et infiniment plus sûres.

Ensuite, de façon coordonnée au niveau européen, il faudrait les accueillir dans des camps, statuer sur chaque cas dans des délais raisonnables (quelques semaines) et les répartir au mieux des intérêts de nos pays respectifs, voire renvoyer chez eux ceux qui sont indésirables.

Tout ceci dans le respect des personnes.

Cela suppose un cadre législatif et une organisation européens à revoir.

De « clandestine » cette immigration deviendrait « légale », ce qui ne veut pas forcément dire « illimitée ».

Cela ne coûterait-il pas moins cher (en vies humaines, en argent) que ce à quoi nous assistons aujourd’hui ?

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Contre le djihadisme, un statut de l’imam en France ?


Jihadism maze conceptLes derniers événements survenus à Copenhague ont ravivé les souvenirs douloureux et les discours martiaux : « guerre contre le terrorisme », « guerre contre le djihadisme », …
A quelques rares exceptions près, l’ensemble du monde politique embouche, avec une certaine délectation, ces martiales trompettes.
Nourrissant, au passage, volontairement ou pas, voire en s’en défendant, un amalgame entre islam et terrorisme.

Or, nos véritables ennemis sont les financiers des terroristes. Ceux sans lesquels ces derniers seraient impuissants à nous porter des coups.
C’est à eux qu’il faut s’attaquer, politiquement et économiquement.
Faute de quoi, telle une hydre, les terroristes abattus renaîtront et renaîtront sans cesse.

Cette guerre-là n’étant pas à l’agenda, nous pouvons au moins mener un combat ici et maintenant : celui d’un contrôle plus étroit de la prédication.

Car, si les réseaux sociaux sont souvent mis en cause, peut-on réellement croire qu’on devienne djihadiste simplement en surfant sur le net ? Ces réseaux ne sont-ils pas là pour inciter à passer à l’acte des personnes déjà embrigadées ? Et cet embrigadement ne se fait-il pas davantage au contact de « prédicateurs » locaux, bien insérés dans notre société ?

L’islam a ceci de particulier qu’il y a de multiples courants et pas d’autorité ecclésiastique institutionnelle suprême (comme le Pape pour les catholiques, le Grand Rabbin pour les juifs, par exemple). Chaque communauté choisit son imam. On imagine sans peine que, dans des banlieues peu ou prou délaissées, dans des salles de prière improbables, des imams ainsi (auto)proclamés en arrivent à prêcher la haine « des juifs et des croisés ».

Le CFCM (Conseil Français du Culte Musulman), institué en 2003 par Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’Intérieur, a bien pour mission de former les imams. Mais il n’y a rien de contraignant. Certains d’eux viennent d’ailleurs de l’étranger.

Alors, lorsque l’autocontrôle fait défaut, et que la menace est immense n’est-il pas urgent et nécessaire de légiférer ?

Islamic praying on dead personPourquoi ne pas créer un statut de l’imam ? Pourquoi ne pas imposer aux imams de suivre une formation en France ? Pourquoi ne pas contrôler que ces formations prennent en compte les principes du vivre ensemble dans notre société multiconfessionnelle ? Face au risque avéré des dérives radicales, ne faut-il pas accepter quelques entorses aux sacro-saints principes de laïcité pour mieux contrôler l’exercice du prêche dans les lieux de culte ? Pourquoi ne pas expulser les imams étrangers qui ne respecteraient pas les valeurs de la République ?

Il semble que le gouvernement commence à prendre conscience du danger que représente cet imamat incontrôlé. Que va-t-il faire ?

Dans le même ordre d’idée, est-il raisonnable d’accepter que des fonds étrangers, notamment saoudiens ou qataris (encore eux), financent la construction de mosquées, et, du coup, prennent « naturellement » le contrôle de ce qui s’y passe ?

Construire des lieux de culte (notamment musulmans en l’espèce), ne devrait-il pas être considéré comme un investissement hautement stratégique ?

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