Après le 11 janvier, une « guerre » pourquoi pas, mais laquelle ?


« Nous allons punir le coupable. La punition, ce sera plus de générosité, plus de tolérance, plus de démocratie. »

Cette phrase est de Fabian Stang, maire d’Oslo, après la tuerie de l’île Utøya perpétrée par le néo-nazi Anders Breivik en 2011, qui a fait 69 morts.
A l’époque, les norvégiens eux aussi avaient défilé en masse – mais nous ne nous y étions pas associés – pour affirmer leur attachement aux valeurs démocratiques et crier qu’ils n’avaient pas peur.

Irons-nous, nous-mêmes, vers « plus de générosité, plus de tolérance, plus de démocratie » ?

War or PeaceIl est permis d’en douter, tant les discours politiques, toutes tendances confondues, ne parlent aujourd’hui que de « guerre » contre le terrorisme. Est-ce là le seul fondement d’une « Union nationale » que beaucoup appellent de leurs vœux ?
Joignant d’ailleurs le geste à sa martiale parole, le Président Hollande envisage même de dépêcher le porte-avions Charles de Gaulle au large de la Syrie !

Car, bien entendu, notre ennemi c’est Daech. Comme on ne peut pas faire la guerre à un concept (le terrorisme), il nous faut trouver qui l’incarne. Alors Daech, pourquoi pas ?
Mais, quid de ceux qui ont enfanté ces « djihadistes » à la violence aveugle (l’Arabie Saoudite qui exporte son wahhabisme pur et dur) et de ceux qui les financent (le Qatar) ?
Bien sûr, c’est compliqué car, officiellement, ce sont des « amis » : clients (de nos armements lourds, de nos Airbus), fournisseurs (de nos hydrocarbures), investisseurs (PSG, grands magasins, hôtels de luxe, fleurons du CAC 40), voire bailleurs de fonds.
Il est notoire qu’ils sentent le soufre. Avec de tels « amis » avons-nous réellement besoin d’ennemis ? Pourquoi la classe politique dans son ensemble se tait-elle à ce propos ? Pression de lobbies ? Conflits d’intérêt ?
Osons poser la question : une action militaire type « Charles de Gaulle » ne relève-t-elle pas davantage de la gesticulation que d’une stratégie gagnante ? Déstabiliser nos soi-disant « amis » ne serait-il pas plus efficace ?

Mais ne rêvons pas. En l’absence d’une véritable stratégie il nous faut un plan B : agir sur notre sol, dans la discrétion, et avec l’aide de nos amis européens n’est-il pas l’unique plan possible ? Ici, le temps et l’espace nous appartiennent.

Car les monstres, que l’on à vu à l’œuvre ces derniers temps (de Djamel Beghal aux frères Kouachy en passant par Mohamed Merah), sont nés et ont grandi en notre sein. A tort ou aRéseau social, style tag raison, ils y ont appris la haine (de la société, de la France, des juifs, etc.). Ils sont le produit des échecs de nos politiques (d’immigration, d’intégration, d’éducation, de la ville). Toute une génération de jeunes, essentiellement issus de l’immigration, est perdue. Il faut en prendre acte.
Bien entendu la montée du fondamentalisme islamique a facilité leur dérive. Elle ne l’a pas créée.
A ces hommes et femmes qui ont fomenté ou perpétré des attentats sur notre sol, il faut ajouter les jeunes en partance ou de retour du « djihad » en Syrie (ou ailleurs).
Ils sont dangereux. Notre système carcéral n’a aucune chance de les réinsérer, bien au contraire. Ils risquent d’y faire des émules.

A court terme nous n’avons d’autre choix que de les neutraliser sans faiblesse ou, pour les plus « récupérables », les « déradicaliser ».
Car, on en parle peu, mais il existe des techniques de déradicalisation (voir ici un article de L’Express) à base de prise en charge par des équipes pluri-disciplinaires.
Le « sans faiblesse » est justement… le point faible ! Faut-il rogner (comment ? combien ?) sur les droits des suspects (ex. les vices de procédure qui permettent à un avocat habile de faire libérer son client) ? N’est-ce pas mettre le doigt dans un dangereux engrenage (n’oublions jamais Guantanamo) ? Beau défi pour nos législateurs !

Dans tous les cas ce sera coûteux, certes, mais avons-nous réellement le choix ? On parle là de quelques centaines à quelques milliers de personnes. Elles sont bien identifiées et, en y mettant les moyens, on peut arriver à baisser le niveau de menace qu’elles représentent pour notre société.

A plus long terme il faut réfléchir et travailler à créer les conditions pour que d’aussi monstrueux enfantements ne se produisent plus.

Et peut-être…  nous séparer d’« amis » vénéneux.

Nous en reparlerons.

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